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 Le Site de fabienpsy.com

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ONDINE

 

 

« La scène représente la scène. Côté cour, un jardin. Côté jardin, la mer. Au centre, l’humble maison d’Ondine au dos des dunes, où la mère d’Ondine dresse la table.

Par la fenêtre entr’ouverte, Ondine regarde la mer. (Pas la mère, la mer). Elle est amère. (Pas la mer, Ondine).

 

Son œil scrute l’horizon où sa mère doit … (pardon), son œil scrute l’horizon où son père doit pêcher le congre ou le bar.

Le congre que le bar abhorre ou le bar que le congre hait. Car Ondine a la dalle et la mère a les crocs.

 

Selon qu’il aura pris la barque à congres ou la barque à bars, le père devra remplir la barque à congres à ras bord de congres ou la barque à bars à ras bord de bars.

Or, il a pris la barque à bars.

 

Au premier plan, rappelez-vous, le spectateur voit, au flanc de la montagne rouge feu, moutonner un maquis vert. Il y serpente des chemins rares qui débouchent soudain sur des criques sauvages où nul imbécile cintré dans sa bouée Snoopy ne vient jamais ternir, de son ombre grasse et populacière, l’irréelle clarté des fonds marins mordorés où s’insinue le congre que, donc, le bar abhorre.

 

Ben oui : le bar abhorre le congre par atavisme. Le congre est barivore. Et donc le bar l’abhorre. Si vous voulez, le bar est ouvert aux congres du fait même que le palais des congres est ouvert au bar.

 

Le court extrait d’Ondine que je vais avoir l’honneur de vous interpréter maintenant se situe au moment précis où Ondon, le frère d’Ondine, part pour la Crète.

 

La nuit tombe. La mère d’Ondine et d’Ondon appelle sa fille.

 

La mère – Ondine !

Ondine – Oui la mère ?

La mère – T’as vu l’heure ?

Ondine – Et alors, la mère ?

La mère – Et alors on dîne !

 

(Fin) »

 

 

(Extrait spectacle de Pierre Desproges – 1986)

 

 

 

Les Ondines, et plus généralement, toutes les créatures aquatiques d’origine surnaturelle ou semi-divine, symbolisent comme les poissons, mais selon des modes différents, la vivacité de l’élément humide.

Pour le psychanalyste, il s’agit avant  tout de personnifications de certains contenus des couches les plus profondes de l’inconscient.