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PROTÉE

 

 

 

« L’immortel Protée, un des Vieux de la Mer, le prophète d’Égypte, vassal de Poséidon, qui connaît de la mère entière les abîmes » (Odyssée – chant IV).

Ménélas, bloqué en mer par un défaut de vents favorables, veut apprendre de la bouche de Protée quel est le dieu qu’il a offensé et quel sacrifice il doit faire faire.

Pour y parvenir, il lui faut affronter Protée et triompher de son pouvoir de métamorphose.

Saisi par ruse et tenu à bras le corps, Protée se change « d’abord en lion à crinière, puis devient dragon, panthère et porc géant ; il se fait aussi eau courante et grand arbre à panache », puis, « quand il est au bout de toutes ses magies », il reprend sa forme première et répond enfin à Ménélas.

 

 

A vrai dire, ce pouvoir de transformation n’est pas l’apanage du seul Protée.

Toutes les histoires du monde évoquent de tels changements d’état ; on connaît la succession des avatars de Vishnou, tandis que la mythologie grecque fait de ce pouvoir de métamorphoses un des traits spécifiques des dieux.

 

« C’est un Protée », dit-on d’une personne qui change constamment d’opinions ou encore l’adjectif « protéiforme » car son don de prophétie lui permet d’accéder à la connaissance de la Vérité, qu’il essaie de cacher.

Protée est aussi l’un des symboles de l’inconscient, aux formes multiples, en perpétuel devenir, et qui engendre parfois des monstres.

 

Symboles – Michel Cazenave.

 

 

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