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Des Savants
« […] Car voici la vérité : j’ai quitté la demeure des savants et j’ai même claqué la porte derrière moi.
Trop longtemps mon âme a eu faim à leur table ; je ne suis pas pareil à eux […]
J’aime la liberté et l’air sur la terre fraîche ; j’aime encore mieux dormir sur des peaux de bœufs que sur leurs dignités et respectabilités.
Je suis par trop ardent, trop brûlé par mes propres pensées : souvent, j’en ai le souffle coupé.
Alors, il me faut aller à l’air libre, loin de toutes les chambres empoussiérées.
[…] Pareils à ceux qui s’arrêtent dans la rue, pour regarder les passants, bouche bée : eux, ils attendent et regardent, bouche bée, des pensées que d’autres qu’eux ont pensées.
Lorsqu’ils font dans la sagesse, leurs petites sentences et leurs petites vérités me donnent le frisson : il y a souvent dans leur sagesse une odeur comme venue d’un marécage : et en vérité, j’y ai déjà plus d’une fois entendu coasser la grenouille !
[…] Ils me sont étrangers, et leurs vertus me dégoûtent encore plus que leurs faussetés et leurs dés pipés. »
Extrait « Ainsi parlait Zarathoustra » (2e partie – "Des Savants") -