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 Le Site de fabienpsy.com

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Allons enfants de la patri-i-e

 

 

Ce soir, l’équipe de France de football joue un match en vue d’une qualification pour le championnat d’Europe.

Je regarde peu souvent le foot à la télévision, mais là, il s’agit d’un match des Bleus.

 

Mon cœur a choisi, sans suspens ni tergiversation, son camp … et il est prêt à le supporter.

Je parle de mon cœur comme s’il était un-autre-que-moi tant il est vrai qu’il n’en fait souvent qu’à sa tête !

 

Avant de débuter la partie, c’est – comme une introduction à cette cérémonie païenne – le solennel moment des hymnes.

La Marseillaise.

Bien que je considère les fameuses-paroles-qui-font-débat de notre hymne nationale comme appartenant, de nos jours (ou peut-être de mes jours), à un autre temps, je me trouve, comme à chaque fois, confronté à ce paradoxe, cette joute entre ma pensée et mes émotions.

… et puis, comme à chaque fois, les émotions – comme si elles disaient, diablotines : « Ne boude pas le plaisir » - prennent le dessus.

 

Je me sens porté et emporté par ce chant venu du stade.

Des dizaines de milliers d’être humains, ensemble, chantant à l’unisson !

 

Sensation-illusion de ne faire plus qu’un,

S’oublier ainsi dans cette unité – n’être plus qu’un parmi la meute et hurler avec elle – protégé par la force de n’être pas seul, de ne surtout pas être seul. Tout seul.

 

Et puis, le match, … mes apnées, mes instants tachicardes, mes recours aux pensées magiques (quelqu’elles soient), mes fausses désespérances (qui ne font que masquer mes espoirs, encore, encore … je veux y croire !).

Tant d’engagement que, par instants, tellement absorbé, je vis le match physiquement.

Les pensées s’effacent, les émotions s’expriment.

 

Et puis, Le But ! Un standard. Une récompense aussi !

Là, impossible de rester immobile. Que ce soit un but marqué par Mon équipe ou contre elle, faut qu’je bouge : libérer l’énergie.

 

 

Quand ça va mal pour les Bleus, sensation désagréable.

Quand ça va mal.

Devant ma TV, il me faut une cible (ou un bouc émissaire) ou plusieurs cibles mêmes et j’entre en guerre! Faut un coupable-responsable ! (Vian l’appellerait La Gloïre).

Joueurs, entraîneurs, arbitre, public, pelouse, météo … tout y passe ou, plus exactement, tout se qui passe est bon à subir l’expression non distinguée de mon courroux.

Les moments de frustration, si spécifiques de la condition humaine, se réactualisent dans le match et me permettent de re-jouer au plus près des vécus émotionnels.

Une sorte d’in vivo-in vitro, devant mon poste de TV.

 

Reste, enfin, l’issue du match.

Sacre ou débâcle.

L’enjeu, le couperet. La fin du rêve, de ce rêve auquel j’ai tant envie de m’accrocher.

Mais aussi l’exultation victorieuse :

   « -    On a gagné !

- On a gagné quoi ?

- Ben, on a gagné, quoi. »

On a gagné – on est content – le reste importe peu.

 

L’issue du match, cette inconnue en termes de mon-plaisir ou mon-plaisir-refusé.

 

Alors.

Alors quoi ?

Alors les rêves finissent tous là où commence la réalité.

L’espace d’un moment, j’ai rejoué à un jeu qui ressemble à ma vie …

Un match dans le match.

 

 

 

fabienpsy.