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 Le Site de fabienpsy.com

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Les autographes

 

 

 

A quoi bon obtenir un autographe ?

 

Je fus surpris d’observer la quasi jubilation d’une femme qui racontait qu’elle avait réussi à avoir un autographe d’un musicien.

En racontant, elle tressaillait … comme une gamine. Enfin, je l’ai ressenti ainsi.

En moi-même je pensais : voilà qui est bien futile. A quoi bon faire cela ?

 

Ma possible jalousie face à ce musicien – rival, en l’occurrence – mise de côté, je pouvais commencer à réfléchir.

 

Pour se procurer cette "denrée rare", qui, donc, a de la valeur – tout du moins aux yeux de celui qui la désire, ou la possède – il faut, bien souvent, affronter bien des obstacles (la foule … qui fait la queue, les "bodyguards", et le hasard).

En effet, la quête est longue et hasardeuse.

Seuls quelques "élus" atteindront le résultat escompté.

 

On remarque déjà que :

- le signataire doit être une personne qui a de l’importance aux yeux du "quémandeur",

- le parcours est hasardeux et il ne parvient que parfois à atteindre son but,

- la rareté amplifie la valeur,

- la difficulté ne rend que plus valeureuse la réussite.

 

Alors, l’élu qui a réussi à obtenir une chose rare et qui a de la valeur se félicite d’être parvenu, au prix de ses efforts, de sa détermination, de son courage peut-être, à satisfaire un désir.

 

Peut-être bien que l‘état jubilatoire que j’ai pu remarquer s’approchait d’une sorte de jouissance, tant, à cet instant précis, ça semblait agir en elle.

De ses mouvements, de ses attitudes que le ne contrôle pas, qui sont comme "un peu étrangères" à nous.

 

La "star" qui offre une trace – écrite, dans le cas de l’autographe – transmet comme une partie d’elle-même. L’autographe inscrit un nom, représentant officiel d’une personn(e)-alité.

La signature va encore plus loin car elle a, de surcroît, une valeur légale. Elle identifie et officialise une personne.

C’est une preuve, irréfutable.

 

Peut-on, alors, imaginer s’approprier, de la sorte, un peu de l’identité de quelqu’un ?

« J’ai sa signature. Oui. Mais … cette signature n’est pas la mienne. »

 

L’autographe possédé est, dans bien des cas, exhibé.

Ce n’est, apparemment pas tout de l’avoir, encore faut-il le faire savoir, le montrer, l’afficher.

« Regardez. Il est à moi. 

Je possède une chose que vous n’avez pas, que vous désirez (me plais-je à penser), qui vous manque. »

 

Je pense également à ces mains qu’on jure de ne plus laver car elles ont serré telle ou telle main "célèbre", à ces mouchoirs de sueur jetés au public …

 

Ce besoin de réussir, de posséder une chose de valeur … que peu de monde possède. Attirer l’attention sur soi.

« J’ai de la valeur car je possède une chose de valeur ».

 

L’autographe, tel un catalyseur, semble prendre plus d’importance que la personne qui l’a signé.

 

Cependant le "pouvoir" de l’autographe est, généralement, limité.

Bientôt, il faudra en obtenir un autre, puis un autre … et remplir ainsi une collection.

Et peut-être même, cette dernière complétée, en entamer une nouvelle.

 

Les nuances apparaissent en fonction de l’investissement porté à de telles représentations.

 

L’autographe est plus et autre chose qu’un souvenir, il est matérialisation, représentation d’un élan psychique. Il est aboutissement.

 

Finalement, ce questionnement sur les autographes débouchent sur une série de questions :

Avoir ou être ?

Avoir faute d’être ?

Avoir apporte-t-il de l’être ?

Faut-il choisir entre avoir et être ?

 

 

 

 

fabienpsy.