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 Le Site de fabienpsy.com

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L’ érotomanie

 

 

 

L’érotomanie, ou illusion délirante d’être aimé d’un personnage généralement d’un rang social supérieur, fait partie des délires chroniques paranoïaques.

Elle touche essentiellement des femmes seules, frustrées affectivement et/ou sexuellement.

 

L’érotomanie fut décrite avec précision par Gaëtan Gatien de Clérambault, en 1920.

 

L’évolution du délire se déroule le plus souvent en trois phases :

- l’espoir, où l’orgueil prédomine sur l’amour et où s’entremêlent une attente passionnée et des interventions et poursuites incessantes envers l’objet.

- le dépit, où l’espoir n’est pas totalement exclu mais où prédomine le ressentiment.

- la rancune, qui peut conduire à des actes agressifs graves, dans une thématique de vengeance.

 

On retrouve la présence de quelques thèmes délirants tels que :

- l’objet (le personnage) ne peut avoir de bonheur ou de valeur complète sans le sujet,

- l’objet est libre malgré son mariage,

- vigilance, protection continuelle ou travaux d’approche de part de l’objet,

- ressources phénoménales dont dispose l’objet,

- sympathie universelle pour le roman en cours,

- conduites paradoxales et contradictoires de l’objet.

 

 

En l’absence de trouble de l’humeur, de signes neurologiques, d’automatisme mental, on parle d’érotomanie comme d’une affection autonome.

Dans tous les autres cas, le syndrome érotomaniaque s’intègre dans une autre pathologie : schizophrénie, psychose maniaco-dépressive, syndrome délirant organique, hystérie.

 

L’hystérie est reconnue sur sa plasticité relationnelle où s’entremêlent le séductionisme et le rejet, son ambivalence, les manifestations de conversion.

 

 

(Pr H. Lôo (chef de service – hôpital Sainte-Anne, Paris et son assistant le Dr T. Brochier)