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Hypnose, Erickson et ressources inconscientes
L’homme moderne, trop rationaliste, enferme ses potentialités inconscientes dans un carcan fort étroit, à l’origine de beaucoup de souffrances.
Ce serait comme une violence permanente que nous ferions à notre nature en limitant l’usage d’un de nos organes essentiels parce que cela nous paraîtrait "raisonnable".
Imprégnés de notre culture, nous avons "appris à nous limiter".
La thérapie consiste en une willingness to learn, de la "bonne volonté" pour apprendre à devenir plus flexibles et plus créatifs, pour apprendre à travailler au quotidien avec notre réservoir inconscient de ressources.
Il s’agit de passer à ce niveau supérieur de fonctionnement qui intègre harmonieusement les fonctionnements conscient et inconscient dont les mécanismes sont différents ; et ce afin de tirer tout le suc de nos expériences quotidiennes en vue d’un épanouissement plus grand car plus écologique.
L’hypnose est de l’hygiène.
Si la thérapie, dont l’hypnose est le paradigme, ouvre de nouvelles possibilités qui étaient déjà contenues dans le patient mais qu’il ignorait posséder, Erickson ne croit pas du tout que nos capacités soient illimitées .
Il ne prend le mot "inconscient" qu’au premier sens du dictionnaire et répugne à le substantiver.
Le plus souvent, il parle d’esprit inconscient ou de partie inconsciente de l’esprit : pour lui, c’est à la fois l’un de nos deux modes fondamentaux de fonctionnement (la physiologie corporelle et psychique), et aussi un contenu.
Le contenu, c’est tout ce que nous avons stocké dans notre mémoire.
Nous ne stockons pas nos apprentissages comme sur une disquette. Nous stockons des expériences, constituées indissolublement de sensations corporelles, de pensées, d’émotions, de comportements et de sentiments, lesquels sont en constante interaction les unes avec les autres.
Notre mémoire est vivante, toujours active et les savoir-
L’homme, fait d’une unité indissociable de chair et d’esprit à laquelle s’adresse l’hypnose, approche intrapsychique parce que corporelle, est un être assez libre, assez capable de diriger son existence par la volonté, et donc doué d’une histoire et d’un avenir.
Il est une personne capable d’échanges avec d’autres personnes, échanges qui l’épanouissent.
Nous sommes loin des conceptions freudiennes : l’inconscient n’est pas un lieu qui contiendrait de mythiques pulsions de vie et de mort.
Erickson ne lui met jamais de majuscule.
Le Moi n’est pas ce pauvre qui cherche à se faire sa place, coincé entre un ça envahissant et un Surmoi tyrannique.
Ce découpage de la personnalité est du roman, un roman intéressant mais du roman.
Erickson reste "au ras du sol", dans une pragmatique modeste.
Médecin et chercheur expérimental, Erickson n’a jamais vu non plus dans l’inconscient le grand manitou intérieur, bien qu’en transe profonde les sujets semblent doués d’une sagesse qu’ils n’ont pas à l’état habituel.
Il n’y voit pas plus ce qui nous permettrait, grâce à l’expansion de notre Moi, de nous fondre dans un grand tout cosmique : il n’était pas mystique.
Prosaïquement, pour lui, est inconscient en nous tout ce qui n’est pas conscient : c’est immense mais pas infini.
Nous ne sommes pas des dieux, mais plutôt des imbéciles de ne pas nous en servir !
Dr Dominique Megglé, psychiatre, spécialiste de l’hypnose.