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Principe de plaisir et masochisme dans la théorie freudienne

 

 

Chez Freud, la douleur est toujours associée à une perte de l’objet, tandis que le principe de plaisir gouverne la recherche de l’objet visant à éviter la douleur.

Dès 1915, Freud nuancera le principe de plaisir et développera l’idée qu’un sujet peut, sous certaines conditions, rechercher la douleur comme source de plaisir :

« Les sensations de douleur comme d’autres sensations de déplaisir, débordent sur le domaine de l’excitation sexuelle et provoque un état de plaisir ; voilà pourquoi on peut aussi consentir au déplaisir de la douleur. »

 

Freud introduit ainsi des questions relatives au masochisme, questions qui sont résumées dans un article intitulé "Le problème économique du masochisme". Freud y critique l’aspect quantitatif (minimum de tensions) du principe de plaisir-déplaisir – principe identifié au Nirvâna – au service des pulsions de mort.

En effet, chercher à réduire les tensions peut mener à la mort comme absence de tensions. Freud met en évidence une dimension qualitative et différencie :

 

- "Le principe de Nirvâna", attaché à la pulsion de mort,

- "Le principe de plaisir" qui représente la revendication de la libido et qui est du côté de la vie,

- "Le principe de réalité" qui représente l’influence du monde extérieur.

 

Pulsions de vie (Eros) et pulsions de mort (Thanatos) se heurtent et s’associent.

« Ce masochisme, poursuit Freud, serait donc un témoin et un vestige de cette phase de formation dans laquelle s’est accompli cet alliage, si important pour la vie, de la pulsion de mort et d’Eros. »

Ce masochisme est appelé "masochisme primaire érogène" et résumé en termes de plaisir de la douleur.

 

Freud décrit deux autres formes de masochismes :

 

- Le masochisme féminin,

- Le masochisme moral.

 

Le masochisme féminin implique que le sujet se mette dans la position de "l’enfant en détresse et méchant" ou dans une position "caractéristique de la féminité" (castration, rapport sexuel, accouchement).

Le masochisme moral situe le sujet dans une position telle qu’il cherche à maintenir une certaine quantité de souffrance.

 

 

 

Extrait « Le corps blessé – Automutilation, psychiatrie & psychanalyse » de Claire Morelle.