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PARLER – genèse
Je me souviens de ce séminaire auquel j’ai assisté il y a quelques années, à Aix-
Je ne me rappelle plus du thème exact – probablement "Autisme et psychoses" – mais 2 phrases prononcées par le Pr Jacques Hochmann me sont restées en mémoire :
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Dans un premier temps, me vient cette pensée qui cherche à s’ajouter à la première citation : "pour rêver, il faut avoir été rêvé".
Sans traiter du rêve dans mon propos, je note simplement l’intrication du langage et du rêve – le monde des symboles.
Pour parler – c’est-
Alors, le bébé naît psychiquement, avant même le terme de la grossesse. Il naît dans l’esprit de sa mère, de son père.
Ainsi, le bébé fait déjà parler de lui (quel sera son sexe ? Quel prénom lui donner ?
de quelle couleur sera sa chambre ? achat d’une voiture "familiale" ? Quel métier
pourra-
Plus avant encore, avant même la conception : « Ma femme m’a parlé d’avoir un bébé ».
Dans un second temps, j’envisage la première citation non plus sous sa forme "précursive"
– entendez par ce terme "préalable" : « avoir été parlé » -
Ce qui me ramène aux travaux, à la fois de Bion sur la capacité de la mère à transformer les éléments alphas émis par le nourrisson en éléments bétas qui viennent dire quelque chose et donner du sens à celui qui ne connaît pas encore ce monde qui l’entoure et, d’autre part aux travaux de Spitz sur l’hospitalisme et les chocs anaclitiques qui peuvent en découler.
En effet, W. Bion nous montre comment la mère, face aux cris, aux pleurs, aux sourires,
aux gestes … du bébé va interpréter ces derniers en parlant leurs significations,
comme en retour, en écho, en feed-
La mère met des mots sur un langage encore non verbal qu’elle perçoit.
La mère parle au bébé, répond au bébé et, d’une certaine manière, elle parle un peu comme le ferait une traductrice qui comprend une langue et qui la répète dans une autre langue.
Par contre, un nouveau-
R. Spitz (s’appuyant sur les travaux de Bowlby) a étudié les perturbations somatiques et psychiques provoquées sur des enfants (pendant les 18 premiers mois de leurs vies) par un séjour prolongé dans un hôpital où ils sont privés de leurs mères.
Certains bébés peuvent se laisser mourir.
En ce concerne la seconde citation, Hochmann présente le langage, l’accès à la parole comme un moyen de se défendre, de supporter la réalité qui frustre.
A peine mis au monde, le nourrisson va éprouver de nouvelles sensations désagréables face auxquelles il se trouvera dans un grand désarroi et qu’il tentera, par les moyens dont il dispose, de se défaire.
En d’autres termes, le bébé qui a faim et ressent le désagrément d’une sensation
(qu’il ne sait pas encore identifier comme étant la faim), va se mettre à crier,
voire à hurler. C’est à ce moment-
Cette mère s’adressera probablement au bébé en lui disant quelques mots qui ressembleront
à peu près à ceux-
Le besoin du nourrisson est satisfait.
Alors, me direz-
A quoi cela peut-
Bientôt, le nourrisson va grandir et ses besoins vont s’étoffer de demandes puis
de désirs, et alors ses cris, pleurs, rires et autres ne suffiront plus à ce petit-
Vous admettrez comme moi que cette forme de langage basique et primaire est si restreinte que l’on aurait du mal à s’en contenter.
C’est alors que le petit enfant va s’inscrire plus encore dans l’humanité en accédant au langage parlé, verbal.
fabienpsy.