wp06abb7af.png
wpe6e0015e.png
wpe2c37617.png
wp71a17d0a.png
wp7f39c027.png
wp0e2a89a8.png
wpc97ba77c.png
wp0a3dc4c4.png
wp0fabf878.png
wp7df18896.png
wp1da6c026.png

 Le Site de fabienpsy.com

wpda405969.png

PARLER – genèse

 

 

 

Je me souviens de ce séminaire auquel j’ai assisté il y a quelques années, à Aix-en-Provence.

Je ne me rappelle plus du thème exact – probablement "Autisme et psychoses" – mais 2 phrases prononcées par le Pr Jacques Hochmann me sont restées en mémoire :

 

- « Pour parler, il faut avoir été parlé »

- « Parler est un mode de défense maniaque »

 

 

Dans un premier temps, me vient cette pensée qui cherche à s’ajouter à la première citation : "pour rêver, il faut avoir été rêvé".

 

Sans traiter du rêve dans mon propos, je note simplement l’intrication du langage et du rêve – le monde des symboles.

 

 

Pour parler – c’est-à-dire devenir un être de langage, un parlêtre, dirait F. Dolto – il faut avoir été parlé … préalablement.

 

Alors, le bébé naît psychiquement, avant même le terme de la grossesse. Il naît dans l’esprit de sa mère, de son père.

Ainsi, le bébé fait déjà parler de lui (quel sera son sexe ? Quel prénom lui donner ? de quelle couleur sera sa chambre ? achat d’une voiture "familiale" ? Quel métier pourra-t-il exercer ? Aura-t-il les yeux de son père ou la bouche de sa mère ? Quels aménagements faut-il faire ? quelles nouvelles responsabilités ? Serai-je une bonne mère ou un bon père ? etc, etc).

 

Plus avant encore, avant même la conception : « Ma femme m’a parlé d’avoir un bébé ».

 

 

Dans un second temps, j’envisage la première citation non plus sous sa forme "précursive" – entendez par ce terme "préalable" : « avoir été parlé » - mais sous l’aspect d’une actualité présente – Pour parler, il faut être parlé.

 

Ce qui me ramène aux travaux, à la fois de Bion sur la capacité de la mère à transformer les éléments alphas émis par le nourrisson en éléments bétas qui viennent dire quelque chose et donner du sens à celui qui ne connaît pas encore ce monde qui l’entoure et, d’autre part aux travaux de Spitz sur l’hospitalisme et les chocs anaclitiques qui peuvent en découler.

 

En effet, W. Bion nous montre comment la mère, face aux cris, aux pleurs, aux sourires, aux gestes … du bébé va interpréter ces derniers en parlant leurs significations, comme en retour, en écho, en feed-back dirait-on en anglais.

La mère met des mots sur un langage encore non verbal qu’elle perçoit.

La mère parle au bébé, répond au bébé et, d’une certaine manière, elle parle un peu comme le ferait une traductrice qui comprend une langue et qui la répète dans une autre langue.

 

Par contre, un nouveau-né à qui personne ne parle va développer des troubles psychiques liés à une dysharmonie de son évolution.

R. Spitz (s’appuyant sur les travaux de Bowlby) a étudié les perturbations somatiques et psychiques provoquées sur des enfants (pendant les 18 premiers mois de leurs vies) par un séjour prolongé dans un hôpital où ils sont privés de leurs mères.

Certains bébés peuvent se laisser mourir.

 

 

 

En ce concerne la seconde citation, Hochmann présente le langage, l’accès à la parole comme un moyen de se défendre, de supporter la réalité qui frustre.

 

A peine mis au monde, le nourrisson va éprouver de nouvelles sensations désagréables face auxquelles il se trouvera dans un grand désarroi et qu’il tentera, par les moyens dont il dispose, de se défaire.

 

En d’autres termes, le bébé qui a faim et ressent le désagrément d’une sensation (qu’il ne sait pas encore identifier comme étant la faim), va se mettre à crier, voire à hurler. C’est à ce moment-là que la mère alertée va le nourrir, c’est-à-dire apaiser la sensation de faim ressentie par son enfant.

 

Cette mère s’adressera probablement au bébé en lui disant quelques mots qui ressembleront à peu près à ceux-ci : « Pourquoi tu cries ? Tu as faim ? Voilà, ne crie plus, je suis là et je te nourris ».

Le besoin du nourrisson est satisfait.

 

Alors, me direz-vous, pourquoi parler ?

A quoi cela peut-il donc bien servir de parler ?

 

Bientôt, le nourrisson va grandir et ses besoins vont s’étoffer de demandes puis de désirs, et alors ses cris, pleurs, rires et autres ne suffiront plus à ce petit-d’homme pour exprimer les nouvelles tensions internes, sources de déplaisir lorsqu’elles ne sont pas assouvies, qu’il ressent.

 

Vous admettrez comme moi que cette forme de langage basique et primaire est si restreinte que l’on aurait du mal à s’en contenter.

 

C’est alors que le petit enfant va s’inscrire plus encore dans l’humanité en accédant au langage parlé, verbal.

 

 

 

fabienpsy.